vendredi 30 mars 2018

Aération de printemps


Initialement prévue le lundi 19 mars, l’aération a été décalée après un premier contretemps lié à la neige en début de semaine dernière. Le parcours de la Plaine était donc le premier à bénéficier du Topchanger, et de son astucieux principe d’injection de sable en profondeur, avec un minimum de dégradation en surface. L’opération, reportée au mercredi 21 a tourné court à la suite d’une panne technique. Seuls trois greens avaient alors pu être aérés. La machine est toujours en phase de test et le dépannage s'est fait par téléphone depuis la Hollande, avec l’ingénieur-concepteur  du Topchanger.  


L’aération a ainsi pu reprendre dès mardi. Malgré une météo plutôt défavorable, le parcours du Bois, le putting et les trous d’entrainement ont été  aérés avec un excellent résultat. Peu de dégradations en surface (malgré les 300 trous au m²), sable positionné directement dans le sol (25 tonnes pour 16 greens), décompactage par les jets à haute pression (290 bars), gain de temps (0.5 km/heure comme une aération classique mais le sablage est effectué en même temps.)


Compte tenu du retard pris sur l'opération, de la météo catastrophique annoncée pour ces jours-ci et d’un calendrier chargé en compétitions ces prochaines semaines, les parcours  Plaine et Vallon ne seront pas aérés pour le moment. En revanche, un certain nombre d’opérations moins intrusives seront pratiquées pour compenser le manque d’aération. Des opérations de slicing (aération à lames), spiking (micro-pointes) voire de verticut seront programmées aussi souvent que possible.

Dans le même temps, pour gagner en régularité et assainir les premiers centimètres de sol, le programme de top-dressing (sablage de surfaçage), intensifié d'année en année, démarrera début avril. Le sable utilisé est un sable 0/1 extra siliceux dont la majorité des éléments est comprise entre 600 et 800 microns.

Pour ce qui est du Topchanger, compte tenu de la qualité de l'opération et  de son efficacité nous sommes appelés à le solliciter à nouveau sur le golf de Caen.



dimanche 25 mars 2018

Journée Tous Ensemble à Houlgate

Un petit groupe de volontaires de l'AS du Golf d'Houlgate avait répondu à l'appel de Christine et Chloé pour venir prêter main forte aux membres de l'équipe du golf présents ce dimanche dès potron-minet.
Après un petit café d'accueil, toute la joyeuse petite troupe se répartissait au gré des envies. Au menu, réparation de dégâts de sangliers sur les fairways, déterrage des balles au practice, plantations,  destruction de la cabane du practice, taille et nettoyage du massif du club. 









 Après tous ces efforts, en ordre serré, tout le monde s'attaque au buffet préparé par Patrick et Caroline avec la complicité de certains des convives.


jeudi 15 mars 2018

Le bunker d'entrainement




 La pelle reprend du service. 




Sur la zone d’entrainement, la sortie du bunker, du coté du green formait une énorme bosse créée par le sable projeté par les joueurs depuis la création du parcours, entre 60 et 70 cm de hauteur de sable déposé au fil du temps.


La situation de jeu devenait compliquée pour sortir d’un bunker de 1m50 de profondeur, en particulier pour les débutants. En outre, la configuration de jeu offerte avec ce bunker très profond ne correspondait pas vraiment aux bunkers rencontrés sur le parcours.

Nous profitons de la présence de la pelle sur la zone pour créer un bunker de practice, plat, qui va permettre de travailler les longues sorties de bunkers, dans l’esprit des coups effectués pour sortir de ceux de fairway.
Les matériaux évacués ont été utilisés pour former de légers reliefs autour du nouveau bunker de practice et pour réaménager les zones où les souches des arbres couchés par les tempêtes ont été rognées.




Un "renappage" en terre végétale sera effectué sur les surfaces terrassées et nivelées.


mardi 13 mars 2018

La fuite du 11



Entre les trous 11 et 8 la micro fuite qui créait une zone légèrement humide de quelques mètres carrés s'est aggravé au fil des mois,  au point de nous obliger à ouvrir une fouille pour trouver la fuite et procéder à la réparation. Équipés d'une pelle de 2.5 T nous avons sondé la zone pour trouver le passage exacte de la canalisation.


 Rapidement il s'est avéré que ladite canalisation, mais surtout la fuite elle même, se trouvait sous un arbre, juste à l'aplomb de la couronne de racines. En fait deux grosses racines (du diamètre de la canalisation D63mm) suivaient exactement la même direction que le tuyau, exerçant par la même occasion une pression qui contraignait fortement le PVC de la canalisation. 


La tulipe d’emboîtement de la canalisation s'est fendue sur plusieurs centimètres de long. D'un coté de l'arbre, les racines ont été coupées pour accéder à la zone et opérer la réparation. Un manchon fonte de type SR5 et un manchon en PVC ont été installés
pour pouvoir remplacer la partie cassée. Après une nuit de séchage, le collage sera définitif et le serrage du SR5 complétera l'intervention. Une bande grasse de type Densoflex sera disposée autour de la pièce en fonte pour limiter la corrosion (en particulier de la boulonnerie). Le câblage électrique de commande de l'arrosage sera lui aussi raccordé (il n'a pas aimé le godet de la pelle mécanique)  Une fois les tests en pression réalisés, la fouille sera refermée, et la zone ré-engazonnée. La pelle pourra alors se déplacer pour une autre zone, une autre intervention.

 En route pour de nouvelles aventures. 





lundi 12 mars 2018

Les parcours de golf : sanctuaires de la planète



Avez-vous déjà remarqué le regard que portent les gens sur ces parcours de golf luxuriants, se demandant combien d’eau et combien de produits chimiques ont été utilisés pour un tel résultat ? De l’avis général ‘’Ces  parcours de golf, ça ne peut pas être très bon pour l’environnement,  pas vrai ! '’
Eh bien, prenez le temps de leur expliquer qu’ils doivent porter un autre regard sur ces espaces verdoyants et  raffinés.  A mieux y regarder, les terrains de golf sont beaucoup plus respectueux de Mère Nature que ne l’imaginent la plupart des gens. Un parcours de golf bien géré offre des bénéfices substantiels pour l’écologie et pour la communauté toute entière.
« Le jeu de golf est une libération pour beaucoup, » dit Greg Lyman, directeur des programmes environnementaux de la GCSAA (Golf Course SuperIntendents Association of America) « Mais je pense que de plus en plus de personnes reconnaissent la valeur des terrains de golf bien entretenus. Les installations non seulement offrent des loisirs, mais également procurent un environnement refuge pour de nombreuses espèces animales et végétales. Je suppose que la plupart ne réalisent  pas que les parcours de golf ont un effet nettoyant aussi bien sur l’air que sur l’eau, et partagent tous ces bénéfices avec l’environnement local. Les Intendants savent ça depuis longtemps mais désormais il est temps de partager ce petit secret. »
Le parcours de golf offre bien sûr un espace de détente et de loisirs sportifs, golfiques ou non, comme le jogging, la marche  ou l’observation des oiseaux, avec toutefois les restrictions imposées par le jeu de golf.
Mais les parcours bien verts ne sont pas là uniquement pour offrir un espace de détente aux humains, mais également pour offrir un des principaux  sanctuaires pour la faune et la flore.
Les arbres et les pelouses produisent de grandes quantités d’oxygène tout en nettoyant l’air de la pollution et en refroidissant  l’atmosphère. Un gazon en bonne santé est un excellent filtre qui intercepte les polluants, les empêchant d’atteindre les eaux souterraines. Les terrains de golf permettent en outre de créer des bassins de rétention en cas de précipitations importantes, pour préserver des zones bâties, qu’elles soient résidentielles ou industrielles. Enfin de plus en plus de parcours de golf, utilisent une eau recyclée. Soit des eaux brutes, issues de l’assainissement de surface et des écoulements d’eau pluviale soit des eaux usées, issues des effluents de stations d’épuration.
L’eau utilisée sur un parcours de golf peut être un excellent investissement en terme économique et environnemental. Nombres de parcours utilisent l’eau recyclée dans le cadre de leurs pratiques d’irrigation. Associer un arrosage efficient avec une eau recyclée à un gazon sain, fournit donc de nombreux avantages environnementaux. Avec l’avènement des systèmes d’irrigation informatisés et l’utilisation d’espèces et de variétés de gazon moins gourmandes en eau, les parcours utilisent désormais moins d’eau tout en maintenant un bon niveau de qualité du gazon. Les progrès liés à la recherche et au développement de plantes moins gourmandes en eau permettent d’envisager d’aller encore plus loin dans cette voie. Enfin certains parcours de golf permettent la réhabilitation de sites dégradés comme des carrières ou des sites d’enfouissement et de les restituer à la faune et la flore.
Les écologistes sont parfois en opposition ouverte avec les terrains de golf, leur reprochant l’utilisation de pesticides, leur impact sur la qualité de l’eau et des sols, et la quantité d’eau utilisée, à leurs yeux gaspillée, pour l’irrigation. Cependant, les études universitaires indiquent qu’appliqués correctement, les pesticides et engrais ne se retrouvent pas dans les nappes phréatiques. Les pratiques de gestion moderne des gazons réduisent considérablement l’écoulement potentiel. En outre, aucun Intendant de golf  ne couvrirait un parcours entier avec des pesticides et des engrais : une bonne partie  des surfaces se compose souvent d’espaces naturels avec peu ou pas d’entretien, sous bois et forêt, hautes herbes ou gazons extensifs, plans d’eau. Ces zones comprennent une grande variété d’arbres et de plantes indigènes et hébergent en outre un grand nombre d’insectes, de mammifères ou d’oiseaux.
Les Intendants de golf prennent leur relation avec Mère Nature très au sérieux. La grande majorité d’entre eux ont un cursus en agronomie, horticulture, paysage ou dans des domaines connexes. Ils entrent dans la profession parce qu’ils aiment la nature et le plein air. Et des études ont montré qu’ils accordent une grande importance aux pratiques de gestion qui ont un impact positif sur l’environnement. 


Traduction 
Source GCSAA (Golf Course SuperIntendents Association of America)

lundi 5 mars 2018

Aération avec le Vertidrain


Au golf d'Houlgate l'aération est en cours. Pour une opération précoce, nous avons opté pour une aération à louchets pleins, c'est à dire sans extraction. Le Vertidrain est équipé de broches de 22 centimètres de long et 12 millimètres de diamètre. Ce type d'aération est moins contraignant pour les greens, la pousse n'ayant pas encore vraiment démarré. C'est la température du sol (vers 10°c) qui déclenchera l'activité du gazon. En deçà de ces 10°c  on a une légère activité racinaire mais peu ou pas de pousse des organes aériens. 



Un léger angle de chasse de 5° assure un très léger décompactage sans déformation. Environ 300 trous au m² sont réalisés sur 15 centimètres de profondeur.


Pour assurer une bonne connexion entre la surface et les couches sous-jacentes, un sablage permet de remplir les trous et d'optimiser la circulation verticale de l'eau et de l'air vers les racines. Le sable d'une granulométrie de 0/2 mm (sable dont la courbe granulométrique s'étale de 0 à 2 mm avec 75 à 80 % des composants compris entre 200 et 800 microns.) 


Le sable sera incorporé avec une brosse montée sur la machine à green. Un regarnissage pour réparer les stigmates de l'hiver et une fertilisation pour stimuler la reprise du gazon seront réalisés.

Ces opérations sont nécessaires pour maintenir un sol aéré et stimulé et offrir aux racines les meilleures conditions possibles. Au fil des mois, le passage répété des tondeuses et des golfeurs compacte le sol et limite la percolation de l'eau et les échanges gazeux. Il faut donc intervenir pour  compenser.



Aération avec le Topchanger 1600



Au golf de Caen, cette année, l’aération de printemps se déroulera normalement du 19 au 23 mars, selon les conditions météorologiques. Nous utiliserons un aérateur qui opère par injection de sable. Bluegreen a investi dans cet outil qui tourne de golf en golf selon un calendrier préétabli.

Le TOPCHANGER 1600 est un appareil qui injecte uniformément et précisément dans le sol le sable au moyen d’eau sous pression. On régule la profondeur et la largeur de remplissage du trou (jusqu'à 30 cm de profondeur) en modifiant la pression. La distance entre les trous peut être ajustée avec précision en fonction de l’avancement. Plus les tous sont espacés, plus on descend profondément. Inversement, plus le travail sera serré (nombre élevé de trous au m²) et moins l’intervention sera profonde. Il suffit juste de déterminer à quelle profondeur se trouve l’horizon que l’on souhaite atteindre.
Après le passage du TOPCHANGER 1600, le sable qui reste en surface est brossé à la surface du green. Le passage d’une brosse suffit à rendre le green jouable immédiatement, en raison de la faible altération en surface du green.  


                       Topchanger 1600 : combinaison de l’aération et du sablage en un passage.

Le sable est injecté dans le sol par de l’eau sous pression. Ce mode opératoire permet de moins perturber la surface de jeu et de s’assurer de la bonne pénétration du sable en profondeur. Il permet conjointement de réduire la compaction du sol et d’améliorer la texture de la zone utilisée par les racines du gazon. Traditionnellement, lors de l’aération, on extrait des carottes de terre qui sont ramassées. Un sablage est alors effectué, puis un brossage pour faire pénétrer le sable. Cette succession d’opérations prend plus de temps et occasionne plus de passages sur le green. L’utilisation du TOPCHANGER permet donc de gagner un peu de temps mais assure surtout une meilleure diffusion du sable dans le sol et une remise en jeu plus rapide.
A l’occasion de cette opération, il est possible de positionner directement dans le substrat, en mélange avec le sable,  un conditionneur  de sol (argiles, terre diatomée, silicates, céramiques poreuses)  ou un fertilisant.
Les trous créés auront une profondeur et un espacement proportionnels à l’avancement (plus la vitesse est élevée, plus les trous sont serrés et peu profonds) et seront instantanément remplis. Généralement 350 à 400 trous par m² sur une profondeur de 50 à 70 mm. Cette profondeur correspond à la zone prospectée par 80% des racines. Les couches asphyxiées et compactées sont éclatées par l’injection.  Les ‘’cheminées’’ de sable permettent de connecter les couches inférieures du substrat avec la surface pour optimiser l’aération et le drainage.
Le TOPCHANGER est entrainé par prise de force derrière un tracteur. La machine, qui travaille sur 1.6 m de large, est relativement légère pour un aérateur, avec ses 410 kg. Elle permet l’utilisation d’un tracteur de 50 à 60 chevaux ce qui limite la compaction du sol. La vitesse de travail est comprise entre 0.4 et 2 km/h. La consommation de sable est de l’ordre de 3500 litres à l’heure.
Tout est mis en œuvre pour limiter la gêne pour le joueur, les constructeurs assurent une remise en jeu avec peu de désagrément une heure seulement après l’opération.
Le TOPCHANGER est un nouvel outil qui a déjà fait ses preuves, en particulier au Golfpark d’Almkreek aux Pays Bas ou au Royal Liverpool Golf Club.
On comprend pourquoi Bluegreen mutualise cet outil depuis déjà deux saisons sur les golfs de la chaine.

vendredi 2 février 2018

Petits travaux


Avant l'effervescence du printemps, le retour des régimes de tontes élevés et la mise en place des premières opérations mécaniques, il reste un peu de temps pour peaufiner, améliorer, nettoyer, modifier quelques zones.

A Caen, l'escalier du tee du 14 et l’escalier du tee du 8 bois ont bénéficié d'un lifting complet avec décaissement, et remplacement de la couche support des marches. Les bords redessinés redonnent du volume à l'ensemble.

La barrière devant le tee du 14 sera dans le même temps prolongée pour empêcher le passage des voiturettes.

samedi 27 janvier 2018

Les Biostimulants


Les intendants de terrains de golf sont souvent dans le flou dès lors qu’il s’agit de l’utilisation des biostimulants et des effets que l’on est en droit d’attendre.
Nombre d’intendants ont reconnu avoir un peu de mal à s’y retrouver parmi tous les produits qui se réclament biostimulants. Le plus dur est de choisir en fonction de ses besoins, puis de déterminer la meilleure façon d’intégrer un programme de biostimulation dans sont programme courant de nutrition du gazon.

Ces discussions sont les réminiscences d’un article écrit par une amie, qui indiquait que Sherlock Holmes aurait fait un excellent chercheur en agronomie tant il voulait, en permanence, comprendre et éviter les risques des évidences trop simplistes.
Dans ‘’Scandale en Bohême‘’, Holmes dit au Docteur Watson :
 ‘’C’est une erreur monumentale d’établir une théorie avant d’avoir entre les mains, l’ensemble des éléments d’appréciation. Inconsciemment ont est tenté de remplacer les faits par la théorie, alors que la théorie devrait, à chaque fois découler des faits.’’ Beaucoup d’intendants sont comme Holmes, et considèrent une pratique culturale éprouvée, si les résultats obtenus sont prouvés.

Au regard des données accumulées durant dix ans sur le biostimulants, dans les centres de recherche, les laboratoires et sur les divers sites (parcs, golfs, terrains de sports….) un certain nombre de faits sont avérés. Un biostimulant est un produit organique qui, lorsqu’il est appliqué en petite quantité, améliore la croissance et le développement des plantes de telle sorte que la réponse ne puisse pas être attribuée à un élément fertilisant. Les biostimulants peuvent également être décrits comme des régulateurs positifs de croissance, ou comme aime à le souligner James B. BEARD des ‘’améliorateurs métabolitiques’’.

Nos recherches ont montré que l’application de biostimulants conditionne le gazon à tolérer un stress environnemental et augmente de manière significative la croissance de la plante et tout particulièrement le développement racinaire. Ils se sont également révélés développer l’activité photochimique du  gazon (évaluation de la photosynthèse) surtout dans les conditions les plus défavorables au gazon, faible humidité du sol, infestation de nématodes, forte exposition aux UV, chaleur, pression de maladies, manque de lumière…       
                                                                   
                                                        
Combien et quand ?

Combien d’intendants savent précisément quel biostimulant et à quelle dose l’utiliser ? Quelle est la bonne fréquence d’application ? Il est compliqué  de répondre à ce type de question car les biostimulants sont formulés à partir de nombreuses matières premières, et surtout à des concentrations très variables. Ceux qui ont les concentrations les plus faibles peuvent paraître les moins chers, mais au regard de l’efficacité sur le long terme, ils peuvent s’avérer, à résultat égal, beaucoup plus onéreux. L’évaluation du coût doit rapporter une unité de substance active à une unité de surface. Une certaine confusion règne également du fait que certains produits, présentés comme des biostimulants et classifiés comme tel, ne sont pas en mesure d’apporter les bienfaits que l’on devrait pouvoir attendre d’eux. Au sein de l’Université de Virginie, nous avons démontré que les extraits d’algues, les acides humiques, mais aussi les triazoles, le silicate de potasse et (à faible dose) l’acide salicylique avaient tous des propriétés biostimulantes très intéressantes.  Toutefois, pour les deux plus communément utilisés, les acides humiques et les extraits d’algues, des variations importantes ont été mises à jour du fait de la grande variété de produit source et des techniques d’extraction.


Les extraits d’algues

La composition chimique des extraits d’algues est conditionnée par la nature même des algues et de leur mode de développement. T.H. Senn, de l’Université de Clemson, à longuement étudié les extraits d’algues et leur influence sur la santé des plantes. Il a notamment démontré que les préparations à base d’Ascophyllum nodosum  obtenues par hydrolyse, en phase alcaline, et selon un protocole très strict, dans les eaux norvégiennes,  sont des produits très stables et concentrés. Des résultats similaires en tous points ont été obtenus avec des algues provenant des eaux très froides, sous les mêmes latitudes, en Nouvelle Ecosse. Les résultats montrent une activité biologique similaire. Des hormones de type gibbérellines et auxines ont été isolées  et quantifiées sur ces échantillons. Ce sont elles les principales substances actives de ces extraits.


Les acides humiques  

Les substances humiques peuvent être extraites de divers supports. Sols divers, tourbe, argiles (en particulier léonardite), lignite. Lors de la manipulation, les acides humiques et fulviques peuvent être séparés par acidification. En effet, les acides humiques sont précipités à des pH de 2 ou moins. Les acides fulviques, solubles à tous pH, ont une masse moléculaire inférieure et une activité biologique plus importante.  Les deux principaux aspects de ces composés humiques qui  influencent la croissance des plantes, sont la présence d’hormone et en particulier d’auxines, mais surtout le pouvoir de chélation de ces substances sur certains composés inorganique tel que le fer par exemple.


Dosages et fréquence des apports

Les résultats des nombreuses recherches indépendantes menées sur le sujet permettent de vérifier l’efficacité des produits, et confirment que la grande majorité d’entre eux affichent le contenu exact de leur produit. Les bonnes doses d’application et les recommandations sont portées à la connaissance de l’utilisateur. Notre expérience nous conforte dans le choix d’apports fréquents à faibles doses, plus efficients que de rares apports plus massifs. Par ailleurs, les biostimulants sont ou interviennent sur les hormones, un apport important peut être nuisible au bon développement de la plante.  Dans le cas de fréquentes applications (toutes les 3 à 4 semaines) nous avons obtenu d’excellents résultats avec 14 g d’acides humiques, 6 g d’extraits d’algues  et 14 g de triazole appliqués conjointement pour 100 m². Les applications ont été effectuées sur un couvert végétal composé à 100% d’agrostis pallustris. Attention, compte tenu des différences de réglementation, l’usage de certains fongicides est soumis à autorisation. De plus le mélange sera à effectuer au moment de la pulvérisation, il n’existe pas de spécialité commerciale associant des biostimulants et un fongicide à base de triazoles (mélanges autorisés aux États-Unis).  

Avec le temps, l’effet biostimulant de l’application décroit.  Ce qui nous renforce dans notre conviction que des apports fréquents fractionnés sont plus souhaitables. Trois à six applications annuelles, durant les périodes de stress peuvent être programmées. La plupart des biostimulants proposent une palette d’éléments nutritifs qui viennent renforcer et légitimer leur utilisation.


Que sommes-nous en droit d’attendre des biostimulants

Commençons par expliquer comment les divers stress environnementaux peuvent affecter les tissus de la plante. Puis, à partir de là, voir comment l’utilisation des biostimulants, au regard des résultats et observations de nos essais, peut diminuer les dommages occasionnés aux tissus de la plante.


Le stress environnemental

En conditions favorables, la molécule d’oxygène accepte des électrons durant le processus métabolique. Cependant, en conditions défavorables, ce fonctionnement de l’oxygène se trouve complètement bouleversé occasionnant la production de toxines. Ces toxines, regroupées sous le nom de radicaux libres sont encore appelées Superoxides, peroxyde d’hydrogène ou hydroxyle radical. Ces radicaux libres causent des dépigmentations, de sérieux dommages aux parois cellulaires, aux mitochondries et aux chloroplastes, qui induisent une très forte baisse de l’activité photosynthétique, la mort de certaines cellules et parfois même, la mort de la plante elle-même.  La plante réagit à ces dégradations métabolitiques, en produisant des composés chimiques regroupés sous le nom d’antioxydants. Ils réagissent avec l’oxygène des radicaux libres pour produire de l’eau et des molécules d’oxygène. En condition normale, la plante est autosuffisante en antioxydant pour détoxyfier les radicaux libres. Tous types de stress environnemental est à même de produire des radicaux libres en quantité importante, limitant ou empêchant la plante de se défendre seule pour stopper les effets négatifs induits.  Si cet état de stress important se prolonge, cela peut conduire la plante à passer un premier cap qui est l’entrée en dormance pour réduire son métabolisme, et par la suite, le deuxième cap étant la mort pure et simple de la plante. Durant cette période de grand stress, la plante produit des grandes quantités d’éthylène qui marque le début de la phase de sénescence des feuilles et le transfert des réserves glucidiques au niveau du point de production central, la couronne (d’où partent les nouvelle tiges ou stolons). La photosynthèse est stoppée et la respiration fortement diminuée pour assurer un minimum d’activité au niveau de la couronne et de certaines racines. L’augmentation de la concentration en éthylène dans les tissus coïncide avec la diminution de la production par la plante des hormones de croissance, l’auxine et la cytokinine.       


Les traitements avec des biostimulants

Nous sommes convaincus que les traitements préventifs avec des biostimulants à base d’extraits d’algues et de composés humiques sont de nature à modifier profondément la balance hormonale de la plante pour favoriser la production d’auxine et de cythokinine, même en présence d’éthylène dans les tissus., de telle sorte que la production d’antioxydants ne soit pas stoppée. Le gazon sera à même de faire face au stress alors que les conditions environnementales devraient le conduire au mieux à un état de dormance. 

D’après nos recherches les biostimulants ont un effet ‘’paratonnerre’’ sur des gazons stressés par la sécheresse, la salinité, la chaleur, le froid, la pression de la sclérotiniose ou de la fusariose, l’exposition à des taux élevés d’UV, l’application d’herbicides ou la pression des nématodes. En parallèle à la production naturelle des cellules d’antioxydants, ils protègent la plante durant la fabrication des radicaux libres en excès.

Par exemple de plus en plus de gazons sont désormais irrigués avec des eaux usées. Hors, lors de l’évapotranspiration, les sels s’accumulent dans le sol et on observe une augmentation des radicaux libres dans la plante à cause du stress engendré par la présence de sel. Les antioxydants stimulés par les biostimulants apportés permettront de réduire  l’influence néfaste des radicaux libres. De plus, on constate une réduction du sodium et du chlore dans les plantes traitées  avec des apports de biostimulants.

La tolérance à un faible taux d’humidité du sol est un des aspects les plus marquants de l’utilisation de biostimulants sur les graminées à gazon. Les plantes traitées avec un biostimulant retiennent mieux l’humidité que les plantes non traitées. De même, les plantes supportent mieux de longues périodes entre deux arrosages et demandent moins de syringe en période de très fortes chaleurs. Ces conditions moins humides en surface, évitent l’apparition de mousses et algues sur les greens.
A l’université de Virginie, il a été démontré que l’usage combiné d’extraits d’algues, d’acides humiques, d’un fongicide à base de triazole, de silicates de potasse et une faible dose d’acide salicylique avait des propriétés biostimulantes  très intéressantes (mélanges autorisés aux États-Unis).     


Traduction de l’article de R. SCHMIDT, E. ERVIN et X.ZHANG paru dans Golf Course Management

mardi 23 janvier 2018

Blue Green agit pour la biodiversité


Un site golfique constitue un espace vert au cœur du territoire. Un poumon vert.  Sur les parcours, la diversité des milieux naturels autour des zones de jeu (prairies, boisements, milieux aquatiques, bosquets,…) offre des refuges pour l’accueil d’une biodiversité riche et variée.
La démarche nationale « golf et nature » de Blue Green, engagée depuis 2011,  a pour objectif de développer des pratiques de gestion écologique visant à valoriser et préserver ce patrimoine naturel.

La démarche, basée sur le principe «connaître la biodiversité pour mieux la préserver »,  est menée avec l’appui scientifique et technique de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux). Les expertises naturalistes menées sur les parcours permettent d’orienter les actions en faveur de la biodiversité selon les enjeux écologiques identifiés (préservation d’espèces patrimoniales,…).

La démarche se décline concrètement sur le terrain en 3 étapes :

1.     la réalisation d’un pré-diagnostic pour appréhender le potentiel écologique du site et identifier les principaux enjeux naturalistes ;
2.     la réalisation d’une expertise naturaliste approfondie du site golfique pour connaître la biodiversité présente (cartographie des habitats écologiques et inventaires faune et flore)
3.     la définition et la mise en œuvre de mesures de gestion ciblées pour améliorer la richesse écologique de site.

Le golf d’Houlgate a fait l’objet d’un pré-diagnostic en 2011, en attendant le diagnostic final.  Le Golf de Caen a fait l’objet d’un diagnostic approfondi. Une expertise complète des biotopes et un recensement de la faune et de la flore ont été réalisés en 2017 sur plusieurs périodes. Le rapport final de la LPO devrait être rendu dans le courant du mois de février.  

vendredi 29 décembre 2017

Environnement : Un grand pas pour Blue Green, un petit pas pour l'humanité.

 



Blue Green vise l’amélioration continue de ses performances au travers d'une gestion économiquement saine, socialement  responsable et tournée vers une bonne performance environnementale.
Les parcours de golf constituent de véritables poumons verts. La mosaïque d’habitats et les variétés de végétation qui se trouvent sur un golf concourent à la vie naturelle d’espèces variées. Les espaces calmes qu’ils offrent, permettent ainsi d’abriter une faune diversifiée.

Dans cette optique de préservation, le programme Golf & Nature mené par Blue Green, visant une gestion éco-durable de ses sites, est structurée autour de trois objectifs environnementaux prioritaires :

1.              La gestion durable de la ressource en eau : les pratiques de gestion responsable de l’eau ont pour objectif d’optimiser son utilisation, en limitant les volumes d’eau prélevés au strict nécessaire, en arrosant mieux et moins, tout en recherchant des alternatives à l’utilisation d’eau potable comme la valorisation des eaux recyclées.

2.   L’entretien raisonné de nos parcours concernant l’usage des produits phytopharmaceutiques et des engrais : les pratiques d’entretien raisonné des parcours visent le double objectif d’assurer la qualité de jeu tout en préservant les sols, les milieux aquatiques et la biodiversité. Elles se traduisent par des mesures de gestion qui permettent de réduire les consommations d’intrants (engrais et produits phytosanitaires) et de favoriser la sélection de produits naturels moins impactants sur l’Homme et l’environnement.

3.               La préservation et le développement de la biodiversité sur nos golfs, et ce, dans la continuité des actions déjà engagées avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO)


L’élaboration d’un guide de bonnes pratiques a permis d’accompagner la mise en œuvre de cette démarche sur les golfs Blue Green. Des fiches seront diffusées sur le Blog, au fur et à mesure des saisons et des bonnes pratiques mises en place.

Blue Green et la LPO 

Un site golfique constitue un espace vert au cœur du territoire.
Sur les parcours, la diversité des  milieux  naturels  périphériques  aux  zones  de  jeu  (prairies,  boisements,  milieux aquatiques, bosquets,…) offre des refuges pour l’accueil d’une biodiversité riche et variée.

La conservation et la valorisation de ces habitats naturels contribuent à la trame verte et bleue locale.

Dans la continuité de son exploitation raisonnée et différenciée des parcours, Blue Green s’est associée depuis 2010 à la Ligue pour la Protection des Oiseaux, afin que celle-ci fournisse un soutien scientifique et technique à la valorisation du patrimoine naturel et des potentialités écologiques des terrains de golf.

En lien avec les naturalistes de la LPO, ce partenariat s’est décliné en quatre types d’actions pour un plan de travail de 6 ans sur les golfs Blue Green :

1.   Réalisation de  pré-diagnostic ou diagnostic simplifié des terrains de golf pour faire ressortir les grands enjeux en matière de protection de la biodiversité : évaluation du patrimoine naturel des sites étudiés et de l’état de conservation des habitats et des espèces, estimation des potentialités du site en matière de préservation de la biodiversité.

2.    Elaboration d’un diagnostic approfondi de golfs sélectionnés et définition d’un plan de gestion en faveur de la nature pour chacun d’entre eux.

3.     Mise en place d’un suivi de la biodiversité selon les groupes faunistiques retenus et les indicateurs associés : observation par indicateurs de l’évolution de la biodiversité sur les golfs en fonction des pratiques de gestion retenues et mises en œuvre.

4.    Formation et sensibilisation des collaborateurs de l’entreprise aux enjeux et bonnes pratiques de protection de la biodiversité

Pour aller plus loin et faire reconnaître sa démarche environnementale, Blue Green s’engage également vers l’obtention du label Pelouse Sportive Ecologique® (PSE), avec un premier processus d’évaluation préalable en vue de la certification menée sur le golf de Bordeaux Lac (Gironde).


Exemples de bonnes pratiques Blue Green

Les exemples présentés ci-dessous sont issus du guide de bonnes pratiques visant à mettre en œuvre la démarche Golf & Nature sur les golfs Blue Green.

Enlever la rosée des greens
La rosée présente sur les greens est un facteur aggravant du développement des maladies cryptogamiques. L’humidité qui est maintenue une partie de la journée propose aux champignons pathogènes un milieu favorable à leur multiplication


Afin de faire tomber la rosée du limbe des plantes, le passage d’une brosse ou d’une baguette le matin permet de supprimer l’humidité sur le gazon. La mise en place d’un syringe, un cycle d’arrosage très court, permet également de supprimer les gouttelettes en suspension sur les feuilles du gazon.


Effectuer un fauchage tardif des milieux ouverts herbacés

Sur les golfs, les milieux ouverts situés hors des espaces de jeu sont parmi les éléments les plus intéressants écologiquement. Gérés en prairies de fauche, ils sont susceptibles d’accueillir un grand nombre d’espèces qui y trouvent nourriture et abris.


Ces milieux ouverts devenant de plus en plus rares dans la nature, leur conservation est d’autant plus importante sur les espaces gérés par l’homme.

La réalisation d’une fauche annuelle tardive des prairies sur les zones de parcours les plus pertinentes (Roughs, zones libres), avec exportation des végétaux, permet ainsi à la flore et à la faune présente dans ces milieux d’achever leur cycle de reproduction

Créer des habitats artificiels pour la faune : gîtes, nichoirs et refuges
En campagne comme en ville, ces abris naturels deviennent de plus en plus rares, du fait des modifications des milieux (disparition des haies, des vieux arbres), du ravalement des vieilles façades d’immeubles, etc.

La mise en place sur les zones peu fréquentées de gîtes, nichoirs et refuges pour les oiseaux, les chiroptères, les reptiles et amphibiens ou les insectes, permet dans une certaine mesure de pallier ce manque de cavités naturelles et favorise la diversité des espèces présentes sur le site.